Un sénateur LR persiste et signe pour réintroduire l'acétamipride
Alors que des dizaines de manifestations ont ébranlé la France ce week-end, le sénateur Les Républicains Laurent Duplomb s'entête dans sa défense des pesticides interdits. À l'approche d'un débat crucial à l'Assemblée nationale mercredi, il accuse ses opposants d'obscurantisme, malgré les alertes scientifiques.
Une molécule controversée au cœur du débat
L'acétamipride, interdit en France depuis 2023, fait l'objet d'une nouvelle proposition de loi visant à le réintroduire. Le sénateur LR affirme :
"Aucune étude sérieuse n'a démontré que cette molécule était cancérigène."
Cette assertion contredit pourtant les positions de l'OMS et de plusieurs agences sanitaires européennes, qui soulignent les risques potentiels pour la santé humaine et l'environnement.
Un argumentaire européen contesté
Duplomb s'appuie sur une décision récente de la Commission européenne pour justifier sa position. Il met en avant le relèvement des niveaux maximaux de résidus d'acétamipride dans le miel, passant de 0,05 mg/kg à 0,3 mg/kg. Un choix qui, selon lui, prouve l'innocuité du produit.
Pourtant, cette mesure s'inscrit dans un contexte d'importations massives de miel, avec 60% de la consommation française provenant de l'étranger. Un paradoxe que le sénateur minimise :
"Dès cette année, on pourra trouver 20 fois plus d'acétamipride dans le miel, mais cela ne pose aucun problème."
Des filières agricoles en impasse ?
Le sénateur LR assure avoir pris en compte les critiques du Conseil constitutionnel. Sa nouvelle proposition se limite désormais aux filières jugées "en impasse totale" par l'Inrae, comme la noisette, la pomme, la cerise et la betterave. Une restriction qui ne convainc pas les opposants.
Les associations environnementales dénoncent un retour en arrière dangereux, tandis que les scientifiques rappellent les risques avérés pour les abeilles et les écosystèmes. Une bataille qui s'annonce tendue à l'Assemblée nationale, où le gouvernement Lecornu II devra arbitrer entre pression agricole et impératifs sanitaires.
Un contexte politique explosif
Cette polémique intervient dans un climat de tensions accrues entre les partisans d'une agriculture intensive et les défenseurs d'une transition écologique. La droite et l'extrême droite soutiennent massivement cette réintroduction, tandis que la gauche et les écologistes y voient une régression inacceptable.
Avec les élections de 2027 en ligne de mire, ce dossier pourrait bien devenir un enjeu majeur, opposant les défenseurs du modèle productiviste aux partisans d'une agriculture durable.