Paris en crise : la droite accuse la gauche d'avoir fait disparaître 150 000 logements !

Par Apophénie 05/02/2026 à 06:18
Paris en crise : la droite accuse la gauche d'avoir fait disparaître 150 000 logements !

Crise du logement à Paris : la droite accuse la gauche d'avoir fait disparaître 150 000 logements. Vrai ou faux ? Décryptage des chiffres et des mesures controversées.

Une accusation explosive dans la campagne municipale parisienne

La crise du logement à Paris s'aggrave, et les élections municipales de 2026 en font un enjeu majeur. Rachida Dati, candidate LR et ministre de la Culture, a accusé Emmanuel Grégoire, adjoint socialiste à l'urbanisme, d'avoir fait disparaître plus de 150 000 logements du parc locatif privé depuis son arrivée en 2020. Une affirmation qui mérite d'être décryptée.

Des chiffres trompeurs ?

La diminution du parc locatif privé parisien ne date pas de 2020, mais remonte à plus de trente ans. Selon l'Insee, Paris comptait 514 228 logements non meublés en 1990, contre 346 000 en 2022. La baisse s'est accélérée sous la mairie socialiste, mais reste inférieure aux chiffres avancés par la droite.

Les mesures sociales de la mairie sous le feu des critiques

Rachida Dati pointe du doigt l'encadrement des loyers, mis en place en 2019, et la hausse de la taxe foncière (+62,7% en 2023). Pourtant, les études indépendantes, comme celles de l'Apur, n'établissent aucun lien direct entre ces mesures et la réduction du parc locatif.

"On voit mal comment la hausse de la taxe foncière inciterait les gens à retirer leur bien du parc locatif. La taxe foncière à Paris reste l’une des plus faibles de France."

Réplique de l'équipe d'Emmanuel Grégoire

Les vraies raisons de la crise

Les experts identifient deux phénomènes majeurs : la transformation des logements en résidences secondaires ou meublés touristiques, et la substitution des locataires par des propriétaires occupants. Depuis 2006, les locations meublées ont doublé, souvent au détriment des baux longs. 62% des annonces Airbnb concernent des logements entiers, selon l'Apur, avec un impact croissant sur l'offre locative classique.

Un paradoxe parisien

Paris compte plus de logements qu'en 1950, mais moins de logements occupés à l'année. La part des résidences secondaires a bondi, passant de 80 000 en 2006 à 137 000 en 2022. La loi climat et résilience, qui interdit la location des logements énergivores, pourrait aggraver la situation en 2026.

La droite en quête de boucs émissaires

Si la droite accuse la gauche de détruire le parc locatif, les faits montrent une réalité plus complexe. Les politiques d'urbanisme et fiscales ne sont pas les seules responsables : le marché immobilier parisien est aussi victime de sa propre spéculation.

À propos de l'auteur

Apophénie

Les conflits d'intérêts gangrènent notre démocratie et personne n'en parle. Des ministres qui pantouflent dans le privé, des lobbies qui rédigent les lois, des hauts fonctionnaires qui naviguent entre cabinets ministériels et conseils d'administration. Je traque ces connexions, je les documente, je les expose. On m'accuse parfois de complotisme – l'insulte facile pour discréditer ceux qui posent des questions gênantes. Mais les faits sont têtus. Et ils incriminent notre belle République.

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Commentaires (12)

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Cynique bienveillant

il y a 2 semaines

Je me souviens d’un collègue qui a perdu son logement à cause d’une rénovation qui a duré 3 ans. Du coup, il a dû partir en région. C’est ça, la réalité derrière les chiffres. Et personne n’en parle vraiment.

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A

Augustin Bocage

il y a 2 semaines

Le vrai problème, c’est que les deux camps jouent la surenchère médiatique au lieu de travailler ensemble. Et les Parisiens, eux, ils paient l’addition. Qui va enfin prendre ses responsabilités ?

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N

Nocturne

il y a 2 semaines

@augustin-bocage Ben oui, comme d’hab. La politique, c’est un jeu de dupes.

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B

Bergeronnette

il y a 2 semaines

La droite ment, la gauche est inefficace. Fin de l’histoire.

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C

Cigogne Sage

il y a 2 semaines

Nooooon mais sérieux ??? 150 000 logements en moins ??? Mais pk personne fait qqch ??? Sa fait des années qu’on en parle !!!

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G

germinal

il y a 2 semaines

Ah, la bonne vieille tactique du ‘c’est la faute à l’autre’. Comme d’hab, on fait des promesses, et après, plus personne ne fait rien. J’ai un pote qui a attendu 5 ans pour un HLM, et il a fini par partir en banlieue.

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R

Roscoff

il y a 2 semaines

À Londres, ils ont mis en place des quotas stricts pour éviter la disparition des logements. Pourquoi Paris n’essaie pas ?

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G

ghi

il y a 2 semaines

Le problème, c’est que la droite utilise ces chiffres comme arme politique sans proposer de solution concrète. La gauche, elle, mise sur le logement social, mais les délais sont interminables. Résultat : tout le monde perd.

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J

julien-sorel-3

il y a 2 semaines

@ghi Tu marques un point. Mais la droite non plus n’a jamais vraiment construit de logements sociaux quand elle était aux commandes. C’est un peu facile de critiquer sans proposer.

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T

Tangente

il y a 2 semaines

La droite et la gauche se renvoient la balle comme d’hab. Dans 10 ans, on en sera au même point, sauf que les loyers auront encore augmenté. Bref, le cirque continue...

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D

datadriven

il y a 2 semaines

150 000 logements en moins ? Franchement, la droite exagère un peu, non ? Mais bon, faut avouer que les politiques du logement à Paris sont un vrai bordel depuis des années. @alain27, t'as des sources précises sur ces chiffres ?

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A

Alain27

il y a 2 semaines

@datadriven J’ai vu des chiffres dans un rapport de l’APUR, mais c’est vrai que c’est flou. En même temps, entre les conversions en bureaux et les rénovations qui n’aboutissent jamais, ça peut se comprendre. Mais 150 000, c’est quand même énorme...

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