Une accusation explosive dans la campagne municipale parisienne
La crise du logement à Paris s'aggrave, et les élections municipales de 2026 en font un enjeu majeur. Rachida Dati, candidate LR et ministre de la Culture, a accusé Emmanuel Grégoire, adjoint socialiste à l'urbanisme, d'avoir fait disparaître plus de 150 000 logements du parc locatif privé depuis son arrivée en 2020. Une affirmation qui mérite d'être décryptée.
Des chiffres trompeurs ?
La diminution du parc locatif privé parisien ne date pas de 2020, mais remonte à plus de trente ans. Selon l'Insee, Paris comptait 514 228 logements non meublés en 1990, contre 346 000 en 2022. La baisse s'est accélérée sous la mairie socialiste, mais reste inférieure aux chiffres avancés par la droite.
Les mesures sociales de la mairie sous le feu des critiques
Rachida Dati pointe du doigt l'encadrement des loyers, mis en place en 2019, et la hausse de la taxe foncière (+62,7% en 2023). Pourtant, les études indépendantes, comme celles de l'Apur, n'établissent aucun lien direct entre ces mesures et la réduction du parc locatif.
"On voit mal comment la hausse de la taxe foncière inciterait les gens à retirer leur bien du parc locatif. La taxe foncière à Paris reste l’une des plus faibles de France."
Réplique de l'équipe d'Emmanuel Grégoire
Les vraies raisons de la crise
Les experts identifient deux phénomènes majeurs : la transformation des logements en résidences secondaires ou meublés touristiques, et la substitution des locataires par des propriétaires occupants. Depuis 2006, les locations meublées ont doublé, souvent au détriment des baux longs. 62% des annonces Airbnb concernent des logements entiers, selon l'Apur, avec un impact croissant sur l'offre locative classique.
Un paradoxe parisien
Paris compte plus de logements qu'en 1950, mais moins de logements occupés à l'année. La part des résidences secondaires a bondi, passant de 80 000 en 2006 à 137 000 en 2022. La loi climat et résilience, qui interdit la location des logements énergivores, pourrait aggraver la situation en 2026.
La droite en quête de boucs émissaires
Si la droite accuse la gauche de détruire le parc locatif, les faits montrent une réalité plus complexe. Les politiques d'urbanisme et fiscales ne sont pas les seules responsables : le marché immobilier parisien est aussi victime de sa propre spéculation.