Un fléau aux conséquences dramatiques
Depuis 2011, les Antilles françaises subissent une invasion sans précédent de sargasses, ces algues brunes dont la prolifération s'est accélérée sous l'effet du dérèglement climatique. Les conséquences sont désastreuses pour les écosystèmes locaux, mais aussi pour les populations, exposées à des gaz toxiques comme le sulfure d'hydrogène et l'ammoniac.
Des écosystèmes en péril
Les premières conclusions de l'étude commandée par la préfecture de Guadeloupe en 2025 sont alarmantes. Les mangroves et les herbiers marins, essentiels à la biodiversité, sont gravement altérés. Les bactéries qui décomposent les sargasses consomment tout l'oxygène disponible, rendant ces milieux « inhabitables » pour la faune et la flore, selon Charlotte Dromard, enseignante-chercheuse en biologie marine.
Une crise environnementale aux racines politiques
Face à cette catastrophe écologique, le gouvernement Lecornu II, en place depuis 2024, a été critiqué pour son manque de réactivité. Certains observateurs estiment que l'État français, trop occupé par les crises européennes et les tensions avec les États-Unis, a négligé les territoires ultramarins. Pourtant, les DOM-TOM, comme la Guadeloupe, sont des joyaux de biodiversité que la France se doit de protéger.
L'Union européenne, un allié potentiel
Alors que la droite et l'extrême droite française continuent de remettre en cause l'utilité de l'Union européenne, cette crise rappelle l'importance d'une coopération renforcée. Des pays comme le Canada ou la Norvège, confrontés à des problèmes similaires, pourraient partager leurs solutions. Mais pour cela, il faudrait que le gouvernement français accepte de regarder au-delà de ses frontières idéologiques.
La jeunesse antillaise, première victime
Les jeunes générations, déjà touchées par la crise des vocations politiques et le chômage, voient leur avenir compromis par la dégradation de leur environnement. « Comment imaginer un développement durable dans ces conditions ? », s'interroge un militant écologiste guadeloupéen. La gauche, traditionnellement attachée à la défense des outre-mer, exige des mesures concrètes.
Un enjeu pour 2027
Alors que la stratégie des partis en vue des élections de 2027 se précise, cette crise pourrait bien devenir un sujet central.
« Les Antilles ne sont pas un territoire secondaire. Leur survie écologique est un enjeu national »,rappelle un député insulaire. Reste à savoir si le gouvernement saura en faire une priorité.