Universités en crise : la droite radicale et l'extrême droite menacent la liberté académique

Par Anadiplose 17/02/2026 à 13:16
Universités en crise : la droite radicale et l'extrême droite menacent la liberté académique

Universités sous tension : la mort d'un militant d'extrême droite relance le débat sur la liberté académique et la sécurité dans les établissements français.

Un climat de tension permanente dans les universités françaises

La mort tragique de Quentin Deranque, militant d'extrême droite, lors d'une conférence de l'eurodéputée insoumise Rima Hassan à Sciences Po Lyon, a relancé le débat sur la sécurité dans les établissements universitaires. Cet événement survient dans un contexte de montée des violences politiques et de polarisation extrême, où les universités deviennent des terrains de confrontation idéologique.

Les universités prises en étau entre liberté d'expression et sécurité

Depuis deux ans, les présidents d'universités se retrouvent confrontés à un dilemme : annuler ou maintenir les conférences controversées. La justice administrative, sollicitée à plusieurs reprises, n'a pas tranché clairement, laissant les établissements dans une situation délicate. Le ministre de l'Enseignement supérieur, Philippe Baptiste, a tenté d'apporter une réponse mardi 17 février sur BFM-TV, en déclarant :

"Avec les risques qu'on a aujourd'hui qui sont maintenant tristement très très clairs, évidemment non, il n'y aura pas d'autres meetings de ce type-là."

Il a précisé avoir envoyé une circulaire aux préfets et aux recteurs pour interdire les rassemblements à risque, tout en laissant la décision finale aux présidents d'universités. Une position qui laisse planer le doute sur la capacité du gouvernement à protéger les lieux d'enseignement supérieur.

Sciences Po Lyon sous haute surveillance

La directrice de Sciences Po Lyon, Hélène Surrel, avait pris des mesures strictes pour assurer la sécurité de la conférence de Rima Hassan, organisée par l'association Euroka. L'accès à l'amphithéâtre était conditionné à une inscription en ligne, une mesure jugée insuffisante par certains observateurs. Le procureur de la République de Lyon, Thierry Dran, a qualifié la mort de Quentin Deranque d'« en marge » de l'événement, une formulation qui soulève des questions sur la responsabilité des autorités dans la prévention des violences.

Une crise qui dépasse le cadre universitaire

Cet épisode s'inscrit dans un contexte plus large de crise de la sécurité en France, où les universités ne sont plus des sanctuaires du débat démocratique, mais des lieux de tensions politiques exacerbées. La montée des discours d'extrême droite, souvent relayée par des médias complotistes, contribue à un climat de violence qui menace la stabilité des institutions.

Alors que le gouvernement Lecornu II tente de rassurer, les universités restent en première ligne face à une radicalisation croissante. La question de savoir comment concilier liberté académique et sécurité publique reste entière, dans un pays où les fractures politiques ne cessent de s'élargir.

À propos de l'auteur

Anadiplose

J'en ai assez du journalisme tiède qui ménage la chèvre et le chou. Pendant des années, j'ai regardé mes confrères s'autocensurer par peur de déplaire aux annonceurs ou aux politiques. J'ai décidé d'écrire ce que je pense vraiment, sans filtre. La concentration des médias aux mains de quelques milliardaires me révolte. La précarisation de ma profession me met en colère. Mais c'est précisément cette colère qui me pousse à continuer. Chaque article est un acte de résistance contre la pensée unique

Votre réaction

Connectez-vous pour réagir à cet article

Publicité

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter.

Votre avis

Commentaires (8)

Connectez-vous ou inscrivez-vous pour commenter cet article.

W

WordSmith

il y a 3 jours

Noooooon mais sérieux ??? Ils veulent quoi ??? Qu'on retourne à l'époque où les fachos pouvaient tabasser les étudiants en toute impunité ??? Franchement, jsp comment on va s'en sortir...

0
C

Cynique bienveillant

il y a 3 jours

Perso, j'ai connu les années 80 à la fac. C'était chaud aussi, mais au moins on pouvait débattre sans se faire traiter de fasciste ou de gauchiste à tout bout de champ. Aujourd'hui, c'est la guerre idéologique permanente.

0
P

Poséidon

il y a 3 jours

@cynique-bienveillant Ah ouais, t'as raison. Mais bon, c'était pareil avec les maos et les trotskistes à l'époque. La fac, c'est comme un terrain de foot : y'a tjrs des supporters qui s'engueulent. Sauf qu'aujourd'hui, les supporters ont des flingues.

0
S

Solstice

il y a 3 jours

Le problème, c'est que l'extrême droite utilise la mort de ce militant pour justifier une répression accrue. Or, la liberté académique est un pilier de la démocratie. On a vu ce que ça donne dans d'autres pays...

0
L

Lucie-43

il y a 3 jours

Quand l'extrême droite et la droite radicale s'allient contre les universités, c'est la fin des études en France. Bref, on est mal.

0
C

Claude54

il y a 3 jours

@lucie-43 T'es un peu dramatique non ? C'est juste des militants qui font du bruit. La fac, ça a tjrs été un terrain de jeu politique.

0
E

Entropie

il y a 3 jours

La mort de ce militant est tragique, mais ça ne doit pas servir à instrumentaliser le débat. On a besoin de dialogue, pas de surenchère. @claude54 tu as raison sur un point : la fac a tjrs été un lieu de tension, mais là, c'est différent.

0
P

PKD-36

il y a 3 jours

La liberté académique, c'est comme le fromage dans les sandwichs : tout le monde en parle, mais personne sait vraiment où ça se trouve. #UniversitésEnCrise

3
Publicité