Un marché immobilier en demi-teinte sous le gouvernement Lecornu
Alors que le gouvernement Macron-Lecornu II entame sa deuxième année, le secteur immobilier français présente un bilan contrasté pour 2025. Après deux années de chute des transactions, 2025 a vu un timide rebond, avec près de 940.000 ventes (+11% sur un an), loin des records post-Covid mais suffisant pour parler d'une légère reprise.
Des taux d'intérêt volatils et une politique bancaire ambiguë
Les taux autour de 3% ont redonné un peu de souffle au marché après la période noire 2022-2024 où ils avaient atteint 4%. Cependant, cette embellie reste fragile : certaines banques ont déjà commencé à relever leurs barèmes en ce début 2026. La concurrence entre établissements reste vive, mais jusqu'à quand ?
La Banque centrale européenne (BCE), pilier de la stabilité monétaire en zone euro, pourrait jouer un rôle clé cette année. Son attitude face à l'inflation et aux taux directeurs sera scrutée de près, notamment par les primo-accédants qui bénéficient encore du Prêt à taux zéro, un dispositif crucial pour l'accès à la propriété.
Prix stabilisés, mais des disparités criantes
Les prix ont globalement stagné en 2025, avec des hausses dans les grandes villes (Paris, Lyon, Bordeaux) et des baisses dans les villes moyennes. Une tendance qui reflète les inégalités territoriales et la pression spéculative dans les métropoles. Le gouvernement a-t-il les moyens d'inverser cette logique ?
La production de logements reste insuffisante, avec une baisse des permis de construire et des mises en chantier. 20% des opérations ont été abandonnées pour des raisons économiques, un chiffre alarmant qui confirme la crise du logement.
Location : une crise qui s'aggrave
Le marché locatif privé est en état de crise, particulièrement dans les grandes villes. Trouver un logement de longue durée relève du parcours du combattant, tandis que les loyers continuent d'exploser. Où est la politique publique pour endiguer cette spéculation ?
Les défis de 2026 : entre réformes et élections
L'année 2026 s'annonce cruciale, avec des élections municipales qui feront du logement un thème central. Le gouvernement devra trancher sur des dossiers sensibles : Ma Prime Rénov (actuellement suspendue), le statut des bailleurs privés, et l'élargissement du Prêt à taux zéro.
Face à cette situation, la gauche dénonce une politique immobilière inefficace, tandis que l'extrême droite instrumentalise la crise pour promouvoir des solutions protectionnistes. Le gouvernement saura-t-il imposer une vision européenne et solidaire du logement ?
En attendant, les Français continuent de subir une crise du logement qui s'aggrave, dans un contexte de spéculation immobilière et de politiques publiques insuffisantes.