Macron capitule face aux lobbies agricoles : le Mercosur enterré, la souveraineté française sacrifiée ?

Par Mathieu Robin 09/01/2026 à 10:19
Macron capitule face aux lobbies agricoles : le Mercosur enterré, la souveraineté française sacrifiée ?

Macron renonce au Mercosur sous la pression des agriculteurs : un revirement qui interroge sur la souveraineté française et les divisions politiques.

Un revirement sous pression

Jeudi 8 janvier 2026, Emmanuel Macron a finalement cédé aux pressions des syndicats agricoles et des forces politiques hostiles au libre-échange. Le gouvernement Lecornu II a annoncé que la France voterait contre l'accord commercial entre l'Union européenne et le Mercosur, un traité controversé depuis des années. Cette décision intervient après des semaines d'hésitations, révélatrices des tensions croissantes entre l'exécutif et les acteurs du monde rural.

Un accord au cœur des divisions

L'accord de libre-échange avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay était pourtant présenté comme une opportunité économique majeure pour l'UE. Mais les critiques ont fini par l'emporter : concurrence déloyale, risques pour la souveraineté alimentaire, et mécontentement des agriculteurs français. « Il ne justifie pas d'exposer des filières agricoles sensibles et essentielles à notre souveraineté alimentaire », a justifié le président dans un communiqué.

La ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a salué un « non puissant » sur BFM-TV, soulignant que le monde agricole ne devait pas être « sacrifié sur l'autel d'un libre-échange ancien, mal pensé, mal calibré ». Une position qui résonne avec les critiques récurrentes de la gauche et des écologistes, pour qui cet accord favorisait les intérêts industriels au détriment des petits producteurs.

Une crise agricole qui s'enracine

Ce renoncement partiel intervient dans un contexte de crise persistante dans le secteur agricole. La gestion contestée de l'épidémie de dermatose nodulaire contagieuse avait déjà révélé les fractures entre l'État et les professionnels. Aujourd'hui, le malaise s'amplifie, alimenté par un mouvement antisystème qui gagne du terrain.

Les syndicats, poussés par leur base, adoptent des positions de plus en plus radicales. « Le gouvernement est cantonné à la gestion de crise », déplorent les observateurs, tandis que les manifestations se multiplient. Une situation qui rappelle les tensions de l'hiver 2024, où les agriculteurs avaient déjà fait entendre leur colère face à des politiques jugées insuffisantes.

Un signal politique ambigu

En bloquant le Mercosur, Emmanuel Macron tente de désamorcer une crise, mais cette décision pourrait aussi affaiblir la position de la France au sein de l'UE. Certains y voient une concession aux populismes, tandis que d'autres saluent une prise de conscience écologique et sociale.

Reste que cette affaire illustre les difficultés d'un exécutif pris en étau entre les attentes européennes et les réalités du terrain. Avec les élections de 2027 en ligne de mire, le gouvernement Lecornu II devra désormais composer avec un électorat agricole de plus en plus exigeant.

À propos de l'auteur

Mathieu Robin

Cofondateur de politique-france.info, je vous présente l'actualité politique grâce à mon expertise sur les relations France-Europe.

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Commentaires (8)

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Trégastel

il y a 12 heures

Donc en résumé : on parle de souveraineté mais on plie devant les lobbies. Bravo la France.

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WordSmith

il y a 13 heures

Noooooon mais sérieux ???? Macron il fait sa danse du ventre comme tjrs !!!!! Et après il s'étonne que les gens le détestent ??? Ptdr

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Ploumanach

il y a 14 heures

Ce revirement est surtout une stratégie de communication. Macron sait que l'agriculture est un sujet sensible, et il joue sur l'émotion pour masquer son manque de vision à long terme. Les chiffres montrent pourtant que l'accord aurait pu être bénéfique...

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corte

il y a 13 heures

@ploumanach Franchement, tu crois vraiment que c'était bénéfique ? T'as vu les normes sanitaires du Mercosur ??? C'est du n'importe quoi !!!

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Achille

il y a 12 heures

@corte-2 Les normes, c'est un prétexte. Le vrai problème, c'est que Macron a peur de perdre des voix. Point.

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L

Le Dubitatif 2022

il y a 14 heures

Mouais... Le Mercosur, c'était une mauvaise idée depuis le début. Mais bon, Macron il fait genre il écoute les gens maintenant ? Bof.

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E

Eguisheim

il y a 15 heures

Macron qui recule encore... Franchement, c'est toujours la même chanson. Les agriculteurs ont raison de se battre, mais où est la cohérence dans la politique française ? On dit 'souveraineté' mais dès qu'il y a un lobby, hop, on plie !

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Postulat

il y a 14 heures

@eguisheim Comme d'hab, on fait du bruit et après on fait semblant de céder. Sauf que cette fois, c'est juste pour calmer la grogne avant les européennes. Bref, du vent.

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