Un dispositif vital enfin rétabli, mais à quel prix ?
Après des mois de suspension pour cause de dysfonctionnements administratifs et de crise budgétaire, le guichet de MaPrimeRénov' rouvre ses portes ce lundi 23 février. Une décision saluée par les associations de défense des locataires, mais qui révèle une nouvelle fois l'amateurisme du gouvernement Lecornu II.
Un budget 2026 adopté dans l'urgence
La réouverture du dispositif, promis depuis des semaines, intervient seulement après la promulgation du budget de l'État pour 2026. Une situation inacceptable pour les ménages modestes, contraints d'attendre des mois pour des aides pourtant essentielles à leur pouvoir d'achat.
« L'adoption définitive du budget 2026 va permettre de reprendre l'instruction des dossiers restés en attente depuis la fin de l'année 2025. »
Cette annonce, faite par le ministère de la Ville et du Logement, masque mal les retards accumulés et les délais de traitement désormais dépassant six mois pour les rénovations d'ampleur.
Des aides toujours inaccessibles pour les plus fragiles
La suspension de MaPrimeRénov' en 2025, justifiée par un afflux de demandes et des tentatives de fraude, avait déjà privé des milliers de foyers de leur droit à la rénovation énergétique. Une mesure discriminatoire, selon les oppositions de gauche, qui dénoncent un désengagement de l'État face aux urgences sociales.
Dès lundi, tous les ménages pourront à nouveau déposer des demandes, mais les délais de traitement restent un obstacle majeur. Pour les rénovations globales, un rendez-vous obligatoire avec un conseiller France Rénov' s'impose désormais, une mesure perçue comme une nouvelle barrière bureaucratique.
Un budget insuffisant pour répondre aux besoins
Avec une enveloppe de 3,6 milliards d'euros pour 2026, l'État entend financer 150 000 travaux isolés et 120 000 rénovations globales. Un objectif ambitieux, mais déjà compromis par les 83 000 dossiers suspendus fin 2025.
Face à cette crise des services publics, les associations réclament un plan d'urgence pour accélérer les procédures et éviter de nouvelles inégalités territoriales.
La gauche dénonce un « abandon des ménages modestes »
Pour les partis de gauche, cette situation est le symptôme d'un désengagement progressif de l'État en matière de transition énergétique. « Le gouvernement préfère les cadeaux fiscaux aux riches plutôt que d'aider les familles à payer leurs factures », dénonce un député LFI.
Du côté de la majorité, on se défend en évoquant des contraintes budgétaires, mais l'opposition rappelle que les crédits alloués restent bien inférieurs aux besoins réels, notamment dans les quartiers populaires et les zones rurales.
Un dispositif sous tension depuis des années
MaPrimeRénov', lancé en 2020, a déjà connu plusieurs réformes et restrictions, reflétant les désaccords au sein de la majorité. Entre logique économique et impératifs sociaux, le gouvernement peine à trouver un équilibre, au détriment des citoyens.
Alors que la crise du logement s'aggrave et que les prix de l'énergie restent élevés, cette réouverture partielle de MaPrimeRénov' ne suffira pas à rassurer les ménages précaires.