Un vote historique contre le Mercosur
Le Parlement européen a marqué un tournant mercredi en saisissant la Cour de justice de l'Union européenne pour examiner la légalité de l'accord de libre-échange avec le Mercosur. Avec 334 voix pour, 324 contre et 11 abstentions, les eurodéputés ont envoyé un message clair : l'Europe ne peut sacrifier son agriculture sur l'autel du libéralisme économique.
Un blocage stratégique
Cette décision bloque théoriquement l'entrée en vigueur de l'accord pendant plusieurs mois, bien que la Commission européenne puisse encore l'appliquer provisoirement. Un coup dur pour les partisans du libre-échange, mais une victoire pour les défenseurs de la souveraineté alimentaire.
La colère des agriculteurs récompensée
Des centaines d'agriculteurs, mobilisés depuis des semaines, ont accueilli ce vote avec soulagement. « On est rincés, mais fiers », a déclaré Quentin Le Guillous, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs.
« Ce combat était nécessaire, et l'Histoire nous donnera raison. »Un sentiment partagé par le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, qui a salué une décision « en cohérence avec la position française ».
La France en première ligne
Le gouvernement Lecornu II, sous la présidence d'Emmanuel Macron, a fait de l'opposition à cet accord un marqueur politique. Un positionnement qui s'inscrit dans une vision progressiste de l'Europe, loin des sirènes du nationalisme économique.
Un accord controversé
L'accord Mercosur, négocié avec l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, vise à faciliter les échanges de voitures, vins et spiritueux européens contre des produits agricoles sud-américains. Mais pour la France, c'est un danger pour son modèle agricole.
La bataille continue
Le Premier ministre Sébastien Lecornu a rappelé que ce vote « doit être respecté ». Un message fort alors que les agriculteurs français attendent des mesures concrètes, comme le projet de loi « d'urgence » agricole annoncé avant l'été.
Un signal politique fort
Ce vote révèle les tensions au sein de l'UE, où les considérations nationales pèsent lourd. La France, en opposition frontale avec la Hongrie et les lobbys agroalimentaires, affiche une ligne claire : protéger son agriculture plutôt que céder aux pressions libérales.
L'Europe face à ses contradictions
Alors que l'UE tente de renforcer son poids géopolitique, cet accord divise. La décision du Parlement européen pourrait bien marquer un tournant dans la politique commerciale européenne, au moment où la Chine et les États-Unis dominent les échanges mondiaux.